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Mme Kolinka, rescapée d’Auschwitz, rencontre les lycéens de 1ère

D 9 juin 2019     H 21:43     A     C 0 messages


Pour la septième année consécutive, Madame Ginette Kolinka, rescapée des camps nazis, Auschwitz, Bergen-Belsen et Theresienstadt, est venue au lycée rencontrer tous les élèves de 1ère.

Trois cents élèves de 1ère ont été concernés par ces deux rencontres, l’une le matin, l’autre l’après-midi. Pendant environ 1 h 45, Mme Kolinka leur a raconté dans un silence recueilli son histoire de jeune fille soumise au pire parce que juive. Puis, pendant une bonne heure, les élèves lui ont posé des questions, parfois très précises sur la vie dans les camps, parfois plus globales.

Elle leur a ainsi raconté que son père, son petit frère de douze ans, son neveu de quatorze ans et elle-même avaient été déportés le 13 avril 1944 par le convoi n° 71, le même convoi que Simone Veil, Marceline Loridan et les enfants d’Izieu, l’un des convois les plus importants qui soient partis de France. Mille cinq cents personnes arrivent le 16 avril à Auschwitz ; 165 hommes et 91 femmes sont sélectionnés pour les travaux forcés. Les autres déportés sont assassinés dans les chambres à gaz dès leur arrivée à Auschwitz. Parmi eux, Léon et Gilbert Cherkasky, épuisés par le long et terrifiant trajet dans les wagons à bestiaux : « je les ai tués », dit Mme Kolinka puisqu’à l’arrivée, raconte-t-elle, on annonce que des camions sont mis à la disposition des personnes trop épuisées pour pouvoir marcher jusqu’au camp : « allez-y, leur dit-elle, moi j’ai besoin de marcher ». Le père et l’enfant suivent ce conseil, elle ne les reverra plus et elle entre dans le camp ainsi que son neveu dont elle est cependant séparée puisqu’il est intégré au camp des hommes.

Puis, elle raconte l’entrée dans le camp, la découverte progressive de tout ce qui va détruire les survivants, les tuer lentement : la nudité insupportable, le tatouage, le rasage des poils et des cheveux, l’affectation dans des blocks où elles devront dormir tête-bêche à six ou huit, le travail quotidien qui tue lentement mais trop souvent, les coups et la faim. Elle décrit l’absence totale d’intimité, l’oubli de toute pudeur et l’obligation de ne pas penser, jamais. Elle décrit les latrines, la boue du camp, la violence des SS et des déportés choisis pour encadrer les autres et qui doivent être violents s’ils veulent garder leur place, la solitude enfin car chacun est seul. Et Mme Kolinka confie qu’elle ne connaît pas les noms des femmes à côté desquelles elle dormait.

Elle relate aussi les transports vers d’autres camps, les poux toujours, le typhus, la libération enfin et le retour en France où des quatre membres de la famille déportés le 13 avril 1944, elle est la seule à rentrer.

Les élèves ont accueilli le témoignage de Mme Kolinka avec un immense intérêt. Voici quelques-unes de leurs réactions :

"J’ai été émerveillée par sa joie de vivre malgré son âge. Le fait que ce soit une personne qui ait vécu dans un camp qui raconte et explique cette période de l’histoire provoque des émotions différentes de celles que nous éprouvons lorsque nous abordons le sujet en histoire ou en français. Rencontrer une personne qui est allée dans les camps et qui en est sortie vivante est impressionnant."
Juliette

"La rencontre avec Madame Kolinka fut pour moi un honneur, peu sont revenus des camps et peu sont encore vivants aujourd’hui, alors avoir le privilège de la rencontrer était fantastique. Nous avons appris beaucoup de choses avec elle, comme ce qu’il se passait aux camps, mais également des impressions personnelles qui nous ont vraiment plongés dans son histoire. De plus, sa façon de raconter son histoire était vraiment spéciale, adoptant certains points de vue et nous faisant facilement passer du rire aux larmes."
Robin

"Clara, elle, est d’abord sensible à ce qu’est Mme Kolinka aujourd’hui : vaillante et dynamique à plus de quatre-vingt-quatorze ans, elle est une femme qui a su reprendre goût à la vie : « Mme Kolinka, nous a raconté son histoire avec une extraordinaire joie de vivre et quelquefois de l’humour, ce qui nous a emmenés à jeter un autre regard sur la vie après la déportation. Donc je suis contente d’avoir pu rencontrer une femme courageuse, joyeuse et pleine d’humour après le dur passé qu’elle a enduré."
Clara

"Ce qui m’a le plus marquée, c’est le poids qu’elle pesait après la libération des camps : 25 kg !"
Lhéa

"J’ai trouvé Madame Kolinka touchante, simple et très intéressante. Il me semble important que cette femme continue de transmettre son expérience des camps, moment qui a marqué l’histoire et qui devrait encore être raconté aux générations à venir."
Céline

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