Le site du lycée Pierre de Coubertin à Calais
Vous êtes ici : Accueil » Vie du lycée » Culture » Les élèves de 2nde Blanche rencontrent Laurent Gaudé à la librairie du (...)

Les élèves de 2nde Blanche rencontrent Laurent Gaudé à la librairie du Channel

D 26 avril 2015     H 11:12     A I.Rembotte     C 0 messages


Librairie du Channel, 24/04/2015, Calais

Quelques notes prises par Enzo, élève de 2nde, lors de cette rencontre :

Laurent Gaudé présente avant tout son dernier roman Danser les ombres publié en janvier 2015.

Il explique ce roman est né d’un voyage à Port au Prince en janvier 2013, trois ans après le tremblement de terre, avec un photographe qui connaît bien la ville. Laurent Gaudé y retourne un an plus tard en janvier 2014. Il a été bouleversé et son idée d’écrire un livre sur Haïti s’est confirmée, le livre a ainsi pu prendre forme grâce à ses rencontres et souvenirs.

Le thème de l’Homme face aux catastrophes naturelles lui tient à cœur comme dans son roman Ouragan (2010). La force de la tragédie fait partie de l’arc de la vie pour lui. Elle est l’essence de l’humanité et un jour ou l’autre on y est tous confronté. Les hommes à travers l’écho des époques sont traversés par une énergie qui leur vient du commencement et qui leur a permis de rester eux-mêmes au fil du temps.

Laurent Gaudé présente aussi le thème des liens entre les vivants et les morts, un thème récurent pour lui. Des questions sur les morts le traversent. Il croit en la présence réelle de ceux-ci dans notre mémoire, il trouve une certaine porosité entre les deux mondes. Il cite La porte des enfers, un roman publié en 2008.

Puis, il répond à une question qui porte sur son désir d’écrire et explique qu’il a connu le plaisir d’écrire dès la petite enfance avec les rédactions sujet libre (6-10 ans) mais bien sûr, son destin n’était pas encore tracé. Au collège et au lycée cette envie s’est éloignée à cause de son gros problème d’orthographe. Elle n’est revenue qu’après son bac. C’est par le théâtre que tout à commencé, il a écrit des pièces.

Il est inspiré et aime les textes grecs ainsi que Racine, Shakespeare et Bernard-Marie Koltès.

Son rythme de travail :

Il écrit un roman en a peu près un an, un an et demi. Son premier jet manuscrit est rédigé en un mois environ. Il écrit tout à la main avant de taper son texte. Il construit en une dizaine de page un plan, l’architecture de son roman. Il faut parfois huit versions pour obtenir l’ouvrage final !

Le dialogue avec l’éditeur (son 2ème lecteur après sa femme) est très enrichissant et important pour lui. Il travaille depuis le début chez Actes Sud ; ce qui lui permet d’être plus libre. Son ouvrage n’est ainsi pas formaté, orienté et ne tombe pas dans la facilité.
Laurent Gaudé est parfois en désaccord avec celui-ci.

Sa passion pour Alexandre le Grand :

Il est passionné par ce personnage et la fièvre qui l’a conduit à conquérir toujours plus. Il ne le voit pas dans une tombe comme il le fait savoir dans son roman Pour seul cortège (2012) où il émet son hypothèse personnelle. La tombe d’Alexandre le Grand n’a pas encore été découverte.


Ses débuts un peu difficiles :

Son tout premier roman fut refusé auprès de vingt-cinq éditeurs ! Il est donc resté au tiroir avec quelques autres pièces de théâtre. Vingt-trois lettres étaient des lettres types et une disait « avant d’écrire, commencez à lire », étonnant pour un auteur à succès ! Aujourd’hui il en rit mais au départ c’était très difficile pour lui.

Eldorado (2006) : « un roman que je n’ai jamais pu refermer ».

Il aborde le thème des migrants très actuel à l’époque et malheureusement encore aujourd’hui. Ce livre est né après le sentiment de s’emparer de ce sujet pour l’empathie et non comme une « brève » médiatique, pour être plus dans le sentiment que dans l’information.

Le mot migration évoque chez lui désir, courage et périple. Il a écrit un opéra au cirque sur ce sujet.

Ses personnages :

Ceux-ci sont en rapport avec le pays, il faut qu’il sonne bien, il est parfois en rapport avec des expressions locales. C’est important pour Laurent Gaudé qui s’identifie à ses personnages surtout au théâtre : « c’est une obligation ».

Dans son roman La mort du Roi Tsongor publié en 2002, ce fut plus difficile car il ne voulait pas que dans notre imaginaire les noms nous donnent l’idée que ce roman soit implanté en Afrique uniquement. Il les a choisis pour que le lecteur soit libre de choisir où se déroule l’histoire.

Bilan de Louise V :
J’ai apprécié cet entretien avec Laurent Gaudé. Il a su nous expliquer ses différents livres, les différentes étapes de "fabrication d’un livre".
Il s’est montré très intéressant et il était très impliqué dans l’histoire de ses romans.
Il m’a donné envie de lire d’autres livres tel que Eldorado, Danser les ombres et La porte des Enfers.
En conclusion, cette expérience a été très enrichissante.

Portfolio

Un message, un commentaire ?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message