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Ginette Kolinka, rescapée d’Auschwitz, rencontre tous les élèves de 1ère

D 22 mars 2014     H 14:08     A     C 0 messages


Pour la troisième année consécutive et pendant une journée complète, nous avons eu l’honneur de recevoir Mme Ginette KOLINKA, rescapée du camp de concentration d’Auschwitz, qui a relaté son parcours devant toutes les classes de 1ère.

Arrêtée en mars 1944 à Avignon avec son père, son jeune frère et son neveu en tant que famille juive et communiste, Ginette Kolinka a subi la déportation : le long voyage en wagons à bestiaux jusqu’à Auschwitz, la sélection à l’arrivée, le départ de son père et de Gilbert son jeune frère en camion pour la chambre à gaz, les étapes de l’intégration dans le camp, puis la vie ou survie au jour le jour dans des conditions inouïes où l’homme n’a plus le droit d’être un homme, puis le transfert jusqu’à Bergen-Belsen...

Ils sont quatre membres de la même famille à avoir quitté Avignon en mars 1944. Elle est la seule à rentrer chez elle et à retrouver sa mère en 1945 : elle pèse alors 27 kg.

Les élèves, attentifs et intéressés, ont posé leurs questions et transmis leurs impressions. Mme Kolinka leur a transmis le récit de son expérience mais aussi une leçon de vie et de dynamisme.

Florilège d’impressions :

"Un épisode qu’elle nous a raconté m’a particulièrement touchée : elle travaillait dans un Commando et était accompagnée de plusieurs camarades. Il faisait froid, elles étaient fatiguées et la Kapo leur a demandé de tirer un genre de block de ciment extrêmement lourd ; ce qu’elles n’ont pas réussi à faire jusqu’à ce que la Kapo s’énerve. En effet, celle-ci a pris une d’entre elles et l’a battue jusqu’à la mort, tout cela face à Ginette Kolinka et les autres femmes qui ne pouvaient rien faire puisque leur sort aurait été le même. Elles ont donc réessayé de tirer le block, et... elles y sont arrivées. Elle-même n’en revient toujours pas et ne sait pas comment l’expliquer. Elle en vient à dire que la peur les a renforcées. Je ne sais pas comment Mme Kolinka peut supporter encore toutes ces images et ces souvenirs. Cependant, elle insiste sur le fait qu’aujourd’hui il faut que l’on transmettre ces histoires affreuses pour avoir un monde meilleur. C’est une personne forte car elle a su reconstruire sa vie avec un mari et un enfant et elle vit aujourd’hui comme nous tous. Lors de ces deux heures d’échanges, je vais peut-être me répéter, mais sa façon d’être m’a réellement interpellée."
Charlotte

"Personnellement cette rencontre m’a énormément touchée. J’ai trouvé Mme Kolinka très émouvante. Elle raconte son histoire avec une grande clarté et sait dissocier l’important et ce qui ne l’est pas. Cette dame est très digne et même objective. Cela m’a surprise car après être allée dans un camp d’extermination et avoir ce vécu, elle a du mérite d’être aussi calme, voire objective. Je ressens donc de l’admiration envers Mme Kolinka."
Margaux

"La rencontre a été très intéressante : madame Kolinka est quelqu’un de formidable, de très dynamique et qui encourage les élèves à profiter de la vie.
Je remarque qu’elle ne s’est jamais plainte de quoi que ce soit, et pourtant, elle le pourrait avec tout ce qu’elle a vécu. De surcroît, j’ai bien apprécié la manière dont elle a raconté les événements, mais également la manière dont elle à parlé de son arrestation : sans pathos, sans tremblements. Elle énonce les faits et nous laisse, nous, éprouver ce qu’on veut.
Claire

"J’ai trouvé cette rencontre fort intéressante et je suis heureuse d’avoir eu la chance d’y participer. J’admire énormément Mme Kolinka, elle a su raconter quelque chose d’affreux, de vrai tout en restant digne et en réussissant à faire passer un message très clair. Sa démarche est honorable et je pense que personne ne la remerciera assez de transmettre cet horrible héritage.
J’ai trouvé les deux heures trop rapides, j’aurais aimé échanger avec elle sur plein de sujets mais je n’en ai pas eu le temps. Je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir pu la rencontrer plus tôt car comme elle a pu le dire, elle a pris du recul sur la chose et ses opinions ont dû changer en 60 ans, j’aurais donc aimé savoir le discours qu’elle aurait pu tenir lors de son retours à Paris. J’aurais également souhaité savoir quand elle en a parlé pour la première fois à son fils et savoir sa réaction."
Camille