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Trois cents collégiens et lycéens rencontrent Michel Quint au lycée Coubertin

D 6 mai 2007     H 11:12     A I.Rembotte     C 0 messages


Le vendredi 13 avril, trois cents collégiens et lycéens ont rencontré l’écrivain MICHEL QUINT, auteur de vingt-trois romans, dont Effroyables Jardins, succès considérable publié en 2000.

Lumière sur.... Michel Quint par Amélie LEUSSIER

Michel Quint commença à écrire vers 13-14ans en... amateur, l’envie d’écrire lui vint par le plaisir de lire, une envie de participer à l’aventure. Et vers 28 ans sa carière professionnelle commence. Il prend alors le titre d’écrivain qu’il trouve très valorisant.

Influencé par les auteurs qu’il appelle bons écrivains, Michel Quint ne trouve aucun mouvement littéraire approprié à son style de roman. Il écrit des oeuvres courtes, sèches et rigoureuses par choix et par facilité.

Il a d’abord essayé le théâtre (Rue du Temple) , puis il a écrit des romans policiers et romans noirs sur le malaise, la société et l’urbanité qui lui corespondent beaucoup mieux. Il n’envisage pas de faire un récit autobiographique car il ne trouve pas sa vie assez intéressante pour cela, mais a plusieurs projets et plusieurs projets en cours qu’il gardera secrets. Il reçoit plusieurs prix qui le rendent content, ravi, fier, mais il préfère relativiser en se disant que ce n’est pas le but recherché.

Son plus grand succès Effroyables Jardins est parti d’une conversation avec son ami, Jean Vautrin, une envie de faire une histoire avec une adolescent et un clown car il juge que le clown est une vie d’homme multipliée par mille. Après un an d’écriture et un mois pour l’ordinateur, le livre est sorti grâce au procès Papon. Il éprouve un vague mépris à l’égard de celui-ci et parle de forfaiture de l’Etat. (Je cite : " La légion d’honeur, aux orties").

Le titre de ce livre, extrait d’un poème d’Apollinaire, est un oxymore qui doit donner une couleur, une lumière noire à l’oeuvre. Effroyables renvoie ici à l’horreur de la guerre. Il justifie beucoup son titre par "Je n’avais aucune autre idée". L’officier allemand qui a déporté le père et le lieu sont inspirés du réel, mais il précise que c’est bien la seule chose.

Il choisit dans ces livres la Seconde Guerre mondiale, d’abord parce qu’elle traverse la région et ensuite parce que c’est le pire et dernier grand cataclysme de l’histoire européenne ; c’est inoubliable.

Il choisit aussi d’utiliser quelques mots en patois pour la couleur locale de sa région. Il utilise aussi l’humour car, je cite " Le rire est une armure, ça dépasse le tragique."

Quant à l’adaptation cinématographique de son oeuvre, il la trouve satisfaisante, honnête et émouvante. Il précise cependant qu’il y a des choix qu’il n’aurait pas faits.

Michel écrivit la suite d’Effroyables Jardins, appelée Aimer à peine, qu’il pense pouvoir être étudié en 3ème, tout comme Mon mal est délicieux.

Michel Quint pense que l’écriture n’est pas un domaine limité mais que c’est un terrain à travailler. C’est "un état face au réel, une éducation, il n’y a aucune hiérarchie sur le plaisir d’écrire" Il n’est sous aucun contrôle de maison d’édition et peut ainsi être en totale liberté.

Impressions d’Adeline BEUGNIET

Tout d’abord, j’ai été fortement étonnée par cet homme. C’est un homme d’esprit qui par deux fois nous a cité de grandes phrases telles que celle de Boris Vian : "Tout ceci est vrai puisque je l’ai inventé " pour dire que ses livres étaient vrais mais aussi il nous déclara avoir été influencé par Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit)et plus particulièrement avoir été interpellé par cette phrase "Je paye avec ma peau".

Mais commençons par le commencement. Il nous dit avoir eu l’envie d’écrire car il avait le plaisir de lire et l’envie de dire des choses sur le monde.

Le film réalisé sur Effroyables Jardins, nous dit-il ,a été une très bonne reprise. On y respecte une qualité d’émotion et rien n’est laissé au hasard mais bien evidemment il y a quelques petites choses négatives. Il nous a dit avoir été honoré .

Parlons d’Effroyables Jardins .Ce livre, nous dit-il, vient d’une discussion avec Jean Vautrin (qui est l’auteur de Billy-Ze-Kick que je conseille) au bistrot .Il a choisi la seconde guerre mondiale car c’est la dernière chose qui a ravagé la région .C’est aussi lui qui a choisi la couverture du livre dans la collection Folio.

Maintenant parlons de Mon mal est délicieux qui est un livre que j’ai trouvé extraordinaire. Il dit ne pas avoir était influencé par Le Cid pour cette histoire.

Parlons du patois qu’il utilise dans ses livres. Il dit que celà donne je cite "une couleur, une odeur, un son au livre."

Voilà ce qui résume à peu près la rencontre. Bien sûr ,séance d’autographes à la fin de l’interview oblige. Je conseille fortement à tout le monde de lire au moins un ou deux de ces livres car ils sont vraiment intéressants et on ressent très bien l’émotion que Michel Quint veut transmettre.

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