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Hypokhâgne par Chloë

D 14 mars 2007     H 10:28     A     C 0 messages


J’ai obtenu mon bac S l’année dernière avec une mention bien, j’avais eu de très bonnes notes aux bacs français et une super prof au lycée, je détestais les matières scientifiques.. Je me suis donc inscrite en hypokhâgne (hypo quoi ? classe préparatoire littéraire..). Pas ambiteuse du tout, c’est sur Paris que j’ai formulé 4 de mes voeux, en effet, je souhaitais suivre l’option théâtre et seuls 4 établissements parisiens la propose. J’ai été acceptée là-bas, loin, avec un aller-retour avec la carte 12/25 à 60 euros ! :)

L’année n’est pas encore terminée, mais elle est déjà bien entamée. Je vais tenter de vous décrire peut-être mieux ce qui vous attend, que "classe enrichissante, mais résistance physique et mentale indispensable".. Remarquez, c’est absolument vrai, mais ça me paraissait très vague l’année dernière..
Classe enrichissante, vous étudierez vos matières préférées sous un angle que vous n’avez jamais abordé, découvrirez par exemple, que la célébre fable la cigale et la fourmi n’est pas du tout à fin moraliste, mais une fable qui parle d’elle-même (de la poésie j’entends).
- L’histoire ne sera plus un apprentissage peut-être souvent barbare des évènements politiques d’une période donnée, mais l’apprentissage de tout ce qui peut-être connu : politique bien-sur, mais qui deviendra rapidement qu’une toile de fond, question religieuse, étude démographique, sociale, économique, étude de la vie des différentes "classes sociales",...
- En philosophie, pour le mieux, il faut arriver avec une base solide, connaître les grands textes, et en grandes lignes de quoi parle les plus grands philosophes... Ce n’est pas grave d’arriver sans, mais vous vous sentirez moins bête quand un copain confrontera la thèse que défend le professeur avec celle de Schopenhauer (ça sent le vécu ?), ou surtout quand ce sera le professeur lui- même qui vous en parlera. Même chose en français, avec un enjeu peut-être plus important : le maximum d’exemple est bien venu en dissertation (pour vous, pour bien cibler votre propos, et pour le professeur bien sûr..), connaitre les grands textes et les grands auteurs, L’education sentimentale, Proust, La princesse de Clèves, connaître un peu de Joyce, Sade, Crébillon (c’est le truc qui fait super classe), Marivaux, Abbé Prévost ; en poésie Baudelaire, Ronsard, Du Bellay, Verlaine, Rimbaud ; en théâtre Brecht, Racine, quelques tragédies antiques,... bien sûr c’est à titre d’exemples..

Une expérience donc très enrichissante, je pense qu’on n’est pas le même avant et après, qu’on se forge un autre regard sur le monde.

La masse de boulot ? ah oui.. attendez-vous à vous coucher régulièrement si ce n’est tout le temps à au moins minuit, ça fait peut-être ridicule comme ça, mais tenir toute l’année vous verrez que c’est un vrai bonheur. Surtout que les pauses ne sont jamais très longues, on rentre de cours, on s’assoie, on bosse. Réjouissant ? Au moins vous ne verrez pas le temps passer ! Vous aurez généralement au moins une colle ou un Ds par semaine.. (colle : oral de 20 minute en tête à tête avec votre professeur). Ceci pouvant allez jusque 2 colles et deux ds (de 5heures) par semaine.. dur dur ces semaines là.

Résister ? physiuement vous l’aurez compris, café et autres excitants deviendront vos amis, votre lit sera renommé "délivrance" (ou autre surnom pathétique). Mentalement, il ne faut pas se le cacher, oui c’est dur aussi. D’autant que les personnalités se révèlent dans cette année, que ceux qui croyaient pouvoir résister ont finalement bien du mal et vice versa. 5 d’entre nous ont arrêté la prépa, nous avons quelques cadavres dans la classe... Hé oui, la prépa a un prix. Pour faire court, oui c’est dur, d’autant que les profs ne vous aident pas toujours à vous sentir mieux, mais ne jamais perdre de vue son but, ne pas baisser les bras, ne pas vous dire "je suis nul",.. Mais je ne veux pas vous dégouter de la prépa tout de meme, juste bien comprendre qu’on ne se lance pas anodinement là-dedans.

L’esprit de concours par contre est qqch que je n’ai pas rencontré dans mon lycée (nous sommes 3 classes d’hypokhâgne), il y a une véritable entraide entre les élèves, au son peut être d’un très poétique "tous dans la même mouise". Pour parler de mon cas précis, et siquelqu’un est tenté par paname, les parisiens sont mignons, mais un peu c** des fois (pas tous bien sur !), mais de toute façon avec le nouveau système, les classes sont composées pour la plupart, d’environ 60, 70% de provinciaux. Ne vous inquiétez pas (je dis ça parce que j’étais stressée l’année dernière), les gens seront comme vous. Mais Paris est une ville idéale pour une classe prépa je crois, (ok vous n’aurez pas toujours le temps de vous balader), mais musées, théâtres sont vivement recommandés apr les professeurs. C’est très intéressant de faire un cours sur la révolution et que la prof vous parle d’un lieu et vous dise "vous remarquerez ça en sortant". Vous êtes au coeur de l’histoire !! Et puis pour le théâtre je crois que nous y allons en moyenne une fois tous les dix jours : Paris a une progammation hallucinante !
Bref je crois que je vais m’arrêter là, il m’est difficile de résumer un an de prépa comme ça, si vous avez des questions sur l’option théâtre, sur Paris, ou si vous voulez d’autres renseignements par rapport aux thèmes que j’ai abordés, n’hésitez pas, kloe514@hotmail.com.